Collectif du 29 Mai

Europe


  • Bolkestein : le retour ---> c'est le moment d'agir

    Loin d'être enterrée, la directive Bolkestein, seulement prudemment cachée pendant la campagne du référendum en France et en Hollande, a été à nouveau soumise au Parlement Européen en Février.

    Rien n'est joué, la mobilisation doit continuer. (voir page d'accueil)

 

 

 

Vient de sortir : Nous, peuples d'Europe par Suzan George, écrivain, vice-présidente d'ATTAC.
Fayard, 28 septembre 2005 - 252 pages - 13,5 x 21,5 Prix TTC: 17 € Code ISBN : 2-213-62546-8

Nous avons été témoins en France, dans les mois qui ont précédé le référendum du 29 mai, d'un des plus formidables débats qu'il nous ait jamais été donné de connaître. Passion, raison, connaissances, interprétation, énergie, engagement - tout y était. Mais dans bien d'autres endroits en Europe le débat ne semble même pas nécessaire tant la règle du jeu européen paraît sinon claire, du moins acceptée par tous sans examen critique. Aujourd'hui, il faut expliquer les raisons du Non français pour contribuer à la construction d'une citoyenneté européenne. Comment, pourquoi se doter d'une Constitution, émanation du peuple, si le peuple fait défaut? Que proposer si ce peuple n'existe pas ou, pire, n'a aucune envie d'exister? Comment faire si nous n'arrivons pas à construire une citoyenneté et une opinion publique proprement européennes? Ce serait alors la victoire du marché. Si nous laissons faire, il y aura bien sûr d'autres batailles dans l'avenir, mais toutes auront les mêmes enjeux: essayer d'empêcher que de nouveaux secteurs ne tombent entre les griffes du secteur marchand, empêcher la protection sociale de se dégrader encore davantage, les services publics d'être privatisés, les inégalités de se creuser...

Citoyenne française, Européenne convaincue, Susan George a fait campagne pour le Non dans le cadre d'Attac et des "collectifs". Dans ce texte court et incisif, elle démontre que l'Europe a besoin d'une orientation radicalement différente, rompant avec la vision néolibérale incarnée par la Constitution, mais explique aussi pourquoi l'effort pour faire émerger une autre Europe dans un autre monde, loin de s'arrêter avec la victoire du Non en France et aux Pays-Bas, ne fait que commencer.


Europe : la libéralisation nuit gravement à l’énergie

Publié le 3 novembre 05, lors du colloque de la Fédération syndicale européenne des services publics, une étude démontre les conséquences négatives des directives européennes sur le gaz et sur l’électricité en matière d’emploi et de service garanti.

C’est une épine dans le pied de Tony Blair qui, le 26 octobre, devant le Parlement européen, encourageait, en tant que chef de gouvernement de l’État qui exerce la présidence de l’Union, à « concentrer la politique européenne de l’énergie, non pas sur de nouveaux instruments de régulation, mais bien sur l’ouverture complète et généralisée du marché de l’énergie ». Mais c’est aussi une claque à la tête de la Commission qui doit, d’ici à la fin de l’année, présenter au Parlement un bilan sur les « résultats du marché intérieur », et qui entend utiliser ce passage obligé pour justifier de nouvelles libéralisations. À l’occasion d’un colloque qui a rassemblé, jeudi et vendredi, à Bruxelles plusieurs centaines de syndicalistes de l’énergie venus de toute l’Europe, la Fédération syndicale européenne des services publics (FSESP) a rendu public un épais rapport évaluant les directives européennes de libéralisation des secteurs du gaz et de l’électricité. Et à l’échelle de l’Union européenne, dans l’atmosphère feutrée des institutions bruxelloises, ce document de 127 pages, rédigé par Steve Thomas, de l’unité de recherches internationales sur les services publics de l’université de Greenwich (PSIRU), pourrait bien faire l’effet d’une bombe. Selon ses conclusions, la compétition n’a « apporté aucun effet positif notable » pour les usagers particuliers, et même les conséquences négatives sont nombreuses en matière d’emploi dans le secteur (300 000 emplois ont été supprimés dans le secteur de l’énergie dans l’Union), de fiabilité d’approvisionnement énergétique, de recherche et développement : « Le fait que le marché intérieur de l’énergie ne donne pas les résultats attendus est absolument indiscutable », relève poliment Steve Thomas. Dans cette évaluation, l’auteur établit que les phénomènes de concentration se sont opérés au détriment des petits consommateurs qui, malgré les promesses des néolibéraux, sont toujours en quelque sorte les « dindons de la farce » : pour eux, les tarifs augmentent car, comme le constate Steve Thomas à partir du cas britannique, les opérateurs font payer aux ménages et aux consommateurs à faible revenu la concurrence effrenée qu’ils se livrent pour les clients industriels. En matière de fiabilité de l’approvisionnement énergétique, l’auteur relève trois grands problèmes que les politiques européennes ne résolvent pas ou, pire, qu’elles aggravent : « Le marché ne construira pas assez de centrales électriques », « les entreprises n’investiront pas assez dans la formation, dans la recherche et le développement », et la réglementation actuelle qui pousse les opérateurs à comprimer leurs coûts dans le but exclusif de dégager des profits à très court terme « peut souvent encourager des politiques d’économies irresponsables qui compromettent la fiabilité ». Reprenant à son compte les grandes lignes du document, la FSESP met en avant cinq exigences immédiates : un contrôle démocratique sur le secteur de l’énergie (« l’ouverture à la concurrence a largement réduit le contrôle démocratique sur un service public essentiel », regrette-t-elle), la protection des usagers à travers le renforcement des obligations de service public, le service énergétique garanti, la protection des centaines de milliers d’emplois qualifiés du secteur, et le développement durable. « Si la Commission européenne ignore les résultats de cette étude, on pourra s’interroger sérieusement sur sa capacité à défendre l’intérêt collectif en Europe, avertit Jan Willem Goudriaan, secrétaire général adjoint de la FSESP. Ce serait une nouvelle démonstration du fossé grandissant entre les salariés, les citoyens en Europe, et une Commission phagocytée par les intérêts particuliers des grosses multinationales. »     
                      Thomas Lemahieu, journaliste, 8 novembre 2005

Ouest France du 03/11/05 :
À Varsovie, KZW drague les délocalisables C'est moins le plombier polonais travaillant eh France qu'il faut redouter, que l'entreprise française qui irait installer son siège social à Varsovie. Un cabinet polonais, Krzysztof Ziemski & Wpolnicy (KZW), écrit aux entreprises de transport pour leur proposer de s'Installer en Pologne, Pour 400€ ou 500 €, on peut y avoir un siège social : il suffit de louer 30 m2 à 50m2, seul ou à plusieurs, et de posséder un camion pour pouvoir recruter des chauffeurs 50 % moins cher et payer, au pire, 19 % d'impôt. "On nous explique comment créer des filiales fictives aux conditions polonaises pour contourner les "réglementations nationales", déplore Gérard Bapt, député fabiusien de la Haute-Garonne.

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