|
Vient de sortir : Nous, peuples d'Europe par
Suzan George, écrivain, vice-présidente d'ATTAC.
Fayard, 28 septembre 2005 - 252 pages - 13,5 x 21,5 Prix TTC: 17 € Code
ISBN : 2-213-62546-8
Nous
avons été témoins en France, dans les mois qui ont précédé le référendum
du 29 mai, d'un des plus formidables débats qu'il nous ait jamais été
donné de connaître. Passion, raison, connaissances, interprétation, énergie,
engagement - tout y était. Mais dans bien d'autres endroits en Europe
le débat ne semble même pas nécessaire tant la règle du jeu européen paraît
sinon claire, du moins acceptée par tous sans examen critique. Aujourd'hui,
il faut expliquer les raisons du Non français pour contribuer à la construction
d'une citoyenneté européenne. Comment, pourquoi se doter d'une Constitution,
émanation du peuple, si le peuple fait défaut? Que proposer si ce peuple
n'existe pas ou, pire, n'a aucune envie d'exister? Comment faire si nous
n'arrivons pas à construire une citoyenneté et une opinion publique proprement
européennes? Ce serait alors la victoire du marché. Si nous laissons faire,
il y aura bien sûr d'autres batailles dans l'avenir, mais toutes auront
les mêmes enjeux: essayer d'empêcher que de nouveaux secteurs ne tombent
entre les griffes du secteur marchand, empêcher la protection sociale
de se dégrader encore davantage, les services publics d'être privatisés,
les inégalités de se creuser...
Citoyenne française, Européenne convaincue, Susan George a
fait campagne pour le Non dans le cadre d'Attac et des "collectifs". Dans
ce texte court et incisif, elle démontre que l'Europe a besoin d'une orientation
radicalement différente, rompant avec la vision néolibérale incarnée par
la Constitution, mais explique aussi pourquoi l'effort pour faire émerger
une autre Europe dans un autre monde, loin de s'arrêter avec la victoire
du Non en France et aux Pays-Bas, ne fait que commencer.
Europe : la libéralisation nuit gravement à l’énergie
Publié le 3 novembre 05, lors du colloque de la Fédération syndicale
européenne des services publics, une étude démontre les conséquences négatives
des directives européennes sur le gaz et sur l’électricité en matière
d’emploi et de service garanti.
| C’est une épine dans le pied de Tony
Blair qui, le 26 octobre, devant le Parlement européen, encourageait,
en tant que chef de gouvernement de l’État qui exerce la présidence
de l’Union, à « concentrer la politique européenne de l’énergie, non
pas sur de nouveaux instruments de régulation, mais bien sur l’ouverture
complète et généralisée du marché de l’énergie ». Mais c’est aussi
une claque à la tête de la Commission qui doit, d’ici à la fin de
l’année, présenter au Parlement un bilan sur les « résultats du marché
intérieur », et qui entend utiliser ce passage obligé pour justifier
de nouvelles libéralisations. À l’occasion d’un colloque qui a rassemblé,
jeudi et vendredi, à Bruxelles plusieurs centaines de syndicalistes
de l’énergie venus de toute l’Europe, la Fédération syndicale européenne
des services publics (FSESP) a rendu public un épais rapport évaluant
les directives européennes de libéralisation des secteurs du gaz et
de l’électricité. Et à l’échelle de l’Union européenne, dans l’atmosphère
feutrée des institutions bruxelloises, ce document de 127 pages, rédigé
par Steve Thomas, de l’unité de recherches internationales sur les
services publics de l’université de Greenwich (PSIRU), pourrait bien
faire l’effet d’une bombe. Selon ses conclusions, la compétition n’a
« apporté aucun effet positif notable » pour les usagers particuliers,
et même les conséquences négatives sont nombreuses en matière d’emploi
dans le secteur (300 000 emplois ont été supprimés dans le secteur
de l’énergie dans l’Union), de fiabilité d’approvisionnement énergétique,
de recherche et développement : « Le fait que le marché intérieur
de l’énergie ne donne pas les résultats attendus est absolument indiscutable
», relève poliment Steve Thomas. |
Dans cette évaluation, l’auteur établit
que les phénomènes de concentration se sont opérés au détriment des
petits consommateurs qui, malgré les promesses des néolibéraux, sont
toujours en quelque sorte les « dindons de la farce » : pour eux,
les tarifs augmentent car, comme le constate Steve Thomas à partir
du cas britannique, les opérateurs font payer aux ménages et aux consommateurs
à faible revenu la concurrence effrenée qu’ils se livrent pour les
clients industriels. En matière de fiabilité de l’approvisionnement
énergétique, l’auteur relève trois grands problèmes que les politiques
européennes ne résolvent pas ou, pire, qu’elles aggravent : « Le marché
ne construira pas assez de centrales électriques », « les entreprises
n’investiront pas assez dans la formation, dans la recherche et le
développement », et la réglementation actuelle qui pousse les opérateurs
à comprimer leurs coûts dans le but exclusif de dégager des profits
à très court terme « peut souvent encourager des politiques d’économies
irresponsables qui compromettent la fiabilité ». Reprenant à son compte
les grandes lignes du document, la FSESP met en avant cinq exigences
immédiates : un contrôle démocratique sur le secteur de l’énergie
(« l’ouverture à la concurrence a largement réduit le contrôle démocratique
sur un service public essentiel », regrette-t-elle), la protection
des usagers à travers le renforcement des obligations de service public,
le service énergétique garanti, la protection des centaines de milliers
d’emplois qualifiés du secteur, et le développement durable. « Si
la Commission européenne ignore les résultats de cette étude, on pourra
s’interroger sérieusement sur sa capacité à défendre l’intérêt collectif
en Europe, avertit Jan Willem Goudriaan, secrétaire général adjoint
de la FSESP. Ce serait une nouvelle démonstration du fossé grandissant
entre les salariés, les citoyens en Europe, et une Commission phagocytée
par les intérêts particuliers des grosses multinationales. »
Thomas Lemahieu, journaliste, 8 novembre 2005 |
Ouest France du 03/11/05 :
À Varsovie, KZW drague les délocalisables C'est moins le plombier polonais
travaillant eh France qu'il faut redouter, que l'entreprise française
qui irait installer son siège social à Varsovie. Un cabinet polonais,
Krzysztof Ziemski & Wpolnicy (KZW), écrit aux entreprises de transport
pour leur proposer de s'Installer en Pologne, Pour 400€ ou 500 €, on peut
y avoir un siège social : il suffit de louer 30 m2 à 50m2, seul ou à plusieurs,
et de posséder un camion pour pouvoir recruter des chauffeurs 50 % moins
cher et payer, au pire, 19 % d'impôt. "On nous explique comment créer
des filiales fictives aux conditions polonaises pour contourner les "réglementations
nationales", déplore Gérard Bapt, député fabiusien de la Haute-Garonne.
Haut de Page
|