Collectif bigouden du 29 Mai

France

 

Pour une véritable alternative.

La gauche antilibérale doit se rassembler pour 2007.

Nous ne voulons plus d'une alternance sans espoir.
Partout en Europe où la Gauche déçoit, à cause de sa politique social-libérale, elle ouvre un boulevard à la Droite (en France en 2002, puis en Allemagne en 2005 où Schröder a été battu à cause de sa politique libérale, idem au Portugal en 2006, et en Grande Bretagne Tony Blair, par la politique qu'il mène, prépare l'arrivée de la droite et de l'extrême droite). Il faut en sortir !
On assiste en ce moment à la rédaction de manifestes pour une rupture avec le libéralisme.
Le Collectif National du 29 Mai propose une Charte Antilibérale, il n'est pas le seul, un mouvement grandit dans cette direction. Les propositions existent, reste à réussir à les mettre en avant, à les faire partager.
Il faut affirmer nos exigences et provoquer un grand débat à ce sujet car sans mobilisation populaire, sans dynamique citoyenne, aucune alternative ne s'imposera.

Des appels et des pétitions circulent pour demander une candidature unique de la gauche antilibérale à la présidentielle et aux législatives de 2007.
Un tel choix exprimerait clairement notre rupture avec un système politique en crise et discrédité.
Dans cette optique il faudrait bien sûr un accord incluant à la fois les présidentielles et les législatives.

   lien vers ces appels

A lire avec délectation
LES NOUVEAUX CHIENS DE GARDE
de Serge Halimi
Editeur : Raisons d'Agir
Date de Parution : 18/11/2005 - - ISBN : 2912107261

Les médias français se proclament «contre-pouvoir». Mais la presse écrite et audiovisuelle est dominée par un journalisme de révérence, par des groupes industriels et financiers, par une pensée de marché, par des réseaux de connivence. Alors, dans un périmètre idéologique minuscule, se multiplient les informations oubliées, les intervenants permanents, les notoriétés indues, les affrontements factices, les services réciproques. Un petit groupe de journalistes omniprésents - et dont le pouvoir est conforté par la loi du silence - impose sa définition de l'information-marchandise à une profession de plus en plus fragilisée par la crainte du chômage. Ces appariteurs de l'ordre sont les nouveaux chiens de garde de notre système économique.

Ce brûlot qui dénonce "la société de cour et d'argent" dans laquelle se sont retranchés une trentaine de mandarins de la communication ... est un livre captivant. Non content de dénoncer les réseaux de connivence, les informations oubliées, les intervenants permanents, les notoriétés indues, les affrontements factices et les services rendus, Serge Halimi montre comment ces mandarins servent exclusivement les intérêts de l'idéologie libérale et se transforment en ventriloques de la pensée unique.

Non à la privatisation d'EDF !

EDF - 36 personnalités disent NON à la privatisation (Octobre 2005)

Trente-six responsables syndicaux, politiques et associatifs expriment leur refus de l'ouverture du capital d'EDF et les raisons qui fondent leur opposition à ce projet gouvernemental. Trente-six personnalités, dont les déclarations suffisent à démonter " le caractère dogmatique et idéologique " de cette décision. La privatisation d'EDF, affirme Dominique de Villepin, est dictée par la nécessité de donner à cette entreprise les moyens financiers de s'élever au premier rang des opérateurs européens en matière d'électricité. Ce discours ne résiste pas à un examen sérieux des enjeux énergétiques mis en lumière par l'actuelle crise pétrolière. EDF n'est pas une entreprise démunie. Les résultats enregistrés au premier semestre 2005 viennent, une nouvelle fois, de le démontrer. Avec un cash-flow opérationnel de 6,5 milliards d'euros réalisé au cours du premier semestre 2005 (+ 13 %), l'entreprise possède des capacités importantes d'autofinancement. Et quand bien même ces dernières se révéleraient insuffisantes, les propositions alternatives élaborées par les fédérations CGT, CFDT et FO, comme une nouvelle dotation en capital par l'État ou le recours à l'emprunt, et qui n'ont fait l'objet d'aucune analyse sérieuse de la part du gouvernement et d'EDF, s'avèrent moins contraignantes que la privatisation partielle. L'introduction du privé dans les capitaux d'une entreprise publique provoque immanquablement l'irruption de logiques de gestion guidées uniquement par la recherche de rentabilité et de profit. l'électricité, un bien indispensable " L'électricité n'est pas une marchandise comme les autres ", soulignent les opposants au projet gouvernemental. L'électricité, en effet, se transporte mal et ne se stocke pas, mais surtout elle est un bien indispensable à la vie de nos concitoyens, à l'indépendance énergétique et au développement économique de notre pays comme de l'Europe. Assurer la sécurité d'approvisionnement en pratiquant les tarifs les plus bas possibles est un enjeu incontournable pour faire face à la raréfaction et au surenchérissement du pétrole comme pour maintenir les centaines de milliers d'emplois de l'industrie dite électrointensive car fortement consommatrice d'électricité. L'Europe connaît aujourd'hui un déficit de capacité de production. L'OCDE chiffre à 1 200 milliards d'euros les montants des investissements nécessaires à réaliser pour maintenir l'équilibre offre-demande. Le projet européen nourri par le gouvernement pour EDF ne répond pas à cette nécessité. Il ne vise qu'à faire de l'entreprise française un des leaders du marché. Autrement dit, les 7 à 9 milliards d'euros que devrait générer l'ouverture du capital ne serviront qu'à acquérir des parts de marché par le rachat de concurrents. Ces dernières années, en Europe, 100 milliards d'euros ont déjà été dilapidés de la sorte sans que cela génère un mégawatt supplémentaire de production électrique. l'embarras gouvernemental Depuis lundi, le conseil d'administration d'EDF est autorisé à conduire les opérations d'ouverture du capital dès que le gouvernement lui en donnera le feu vert. Le ministre de l'Économie et des Finances, Thierry Breton, a annoncé, avant-hier, que cela interviendra " avant la fin de l'automne ", tandis que Dominique de Villepin a affirmé que " la décision n'est pas prise et nous la prendrons le moment venu ". Cette hésitation témoigne de l'embarras gouvernemental. Le bien-fondé de sa politique de privatisation est remis en cause, y compris dans les rangs de sa majorité. En témoigne l'hostilité de l'UDF à celle des autoroutes, exprimée par François Bayrou mardi à l'Assemblée. Empêtré dans le conflit de la SNCM, confronté à l'émergence de la question des services publics lors de la mobilisation unitaire du 4 octobre, le gouvernement souhaite à tout prix éviter qu'un débat public s'engage sur l'avenir d'EDF.

Ils nous disent pourquoi ils refusent la privatisation d'EDF

Francine Bavay, vice-présidente du conseil régional d'Île-de-France (Verts).
" Le kilowattheure français est un des moins chers d'Europe, EDF pourrait parfaitement emprunter ou s'autofinancer en se diversifiant dans les énergies renouvelables. Les pannes monstres consécutives aux privatisations de l'électricité en Europe ou en Californie devraient inciter à la plus grande prudence. Plus grave encore, comment prétendre assurer la sécurité des centrales nucléaires en désengageant toujours plus l'État et en laissant aux marchés financiers le soin de définir les priorités de l'entreprise ? Cette mise en Bourse ouvre la voie à une incertitude totale sur la protection et l'entretien d'un parc nucléaire français, déjà surdimensionné, et des déchets ingérables qu'il produit. Le choix technologique contestable qui a été fait ne peut pas justifier la privatisation d'un service public. Celui-ci doit évoluer, notamment en prenant en compte les usagers, mais l'accès à l'énergie est un droit fondamental qui doit primer la recherche du profit. "

Olivier Besancenot, porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR).
" Indispensable à la vie quotidienne, l'accès à l'électricité doit devenir un droit social qui justifie un service public 100 % public. La privatisation d'EDF serait un recul considérable. Dans le monde, la déréglementation se solde par une véritable catastrophe. Les prix libéralisés s'envolent et les pannes géantes, les coupures pour cause de spéculation ou de pauvreté sont la règle. Les grands groupes européens, dont EDF, ont commencé à coups d'OPA et de milliards d'euros à se partager le marché avec des dizaines de milliers d'emplois sacrifiés. Il est temps de faire obstacle à cette folie. Les hésitations du gouvernement ne doivent tromper personne et le moment est venu de lui opposer un "Tous ensemble" : la privatisation ne doit pas passer. "

Bernard Birsinger, président de l'Association nationale des élus communistes et républicains.
" Le modèle économique et social construit à la Libération dans notre pays, s'appuyait sur des entreprises publiques, équilibrant en leur sein les activités rentables et celles qui ne peuvent pas l'être. C'est la péréquation. Pendant soixante ans, cela a permis une tarification sociale identique pour tous, indépendamment des disparités géographiques et de la rentabilité de chaque secteur. Cela a permis, toutes entreprises et services publics confondus, d'assurer l'égalité de traitement et l'égalité d'accès des citoyens sur l'ensemble du territoire, c'est ce qu'il faut préserver. Notre système a conduit EDF à être le premier au niveau mondial et à produire l'électricité la moins chère d'Europe. Je suis pour la création d'un "pôle public de l'énergie" par la fusion d'EDF et de GDF, car l'énergie est le bien commun de tous. "

Alain Bocquet, député, président du groupe communiste à l'Assemblée nationale.
" Le combat pour le service public de l'énergie et contre la privatisation d'EDF est d'abord un combat pour les valeurs de dignité et de justice, qui constituent le fond des luttes sociales, quand tant de foyers subissent des coupures d'énergie. C'est ldes députés communistes d'exiger la suppression de ces dispositifs. Et c'est l'honneur des maires communistes d'interdire ces mesures ignominieuses. Ce combat se poursuit dans la vie et devant la justice. Électricité et gaz doivent rester l'apanage de la nation, qui a financé leur développement depuis soixante ans. Nous avons dit "non" dans l'Hémicycle au changement de statut d'EDF et GDF, et nous rejetons leur privatisation. L'indépendance énergétique, l'essor d'énergies nouvelles, la solidarité tarifaire, l'égalité des régions pour l'accès à l'énergie, la sécurité des installations, les droits des salariés restent les référents de base. L'énergie est moins que jamais une marchandise. "

Nicole Borvo, sénatrice, présidente du groupe communiste, républicain et citoyen du Sénat.
" Les Français ont manifesté avec force qu'ils entendent qu'EDF reste une entreprise publique. C'est mon point de vue, et les multiples problèmes dans les pays où le secteur énergétique est soumis à la concurrence me confortent tous les jours dans mon opinion. L'énergie est un bien commun, essentiel à la vie et dont l'égal accès pour tous doit être assuré. Conserver EDF dans le secteur public, c'est répondre à des enjeux que le privé ne saurait satisfaire : enjeux sociaux, économiques, écologiques, éthiques. "

José Bové, porte-parole de Via Campesina.
" Le besoin d'énergie pour tout un chacun constitue un droit au même titre par exemple que l'alimentation, l'eau, l'air. En aucun cas, il ne peut être soumis à une volonté de privatisation. Cette mission d'intérêt général est incompatible avec la logique du profit pour quelques-uns. Ce service de l'énergie ne doit en aucun cas remettre en question l'intérêt général. Cela implique aussi, selon moi, une réflexion sur le type d'énergie. L'impact des énergies sur l'environnement et sur les populations doit être au coeur des problématiques à prendre en compte. D'où la nécessité d'ouvrir le débat sur le nucléaire et sur les futures formes d'énergie. "

Dominique Bucchini, conseiller territorial de Corse (PCF).
" La Corse a vécu il y a quelque temps plus d'un mois sans électricité. Lorsque l'on est dans une région entourée d'eau, l'investissement dans le service public est décisif. La péréquation fait ainsi perdre 450 millions de francs par an à EDF : c'est ce principe juste qui fait que le kilowattheure est à un prix identique de Dunkerque à Ajaccio. Les forces politiques qui ne voient dans la loi du marché que justice, croissance et efficacité devraient regarder le problème avec responsabilité et objectivité. Si EDF est privatisée, qui va payer ces 450 millions ? Les Corses ? Les engagements à investir sur le Vazzio ou Lucciana ne seront évidemment pas tenus de la même façon, sans parler de l'entretien, du transport de l'électricité et des centrales elles-mêmes en fonction de l'arrivée du gaz saharien. En Corse, les problèmes insulaires viennent se superposer à toutes les bonnes raisons de s'opposer à la privatisation sur le continent. "

Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF.
" Après GDF, le gouvernement entend privatiser EDF. Nous voyons avec la SNCM jusqu'à quelles extrémités la droite est prête à se rendre pour casser les services publics. EDF est une entreprise majeure, performante, vitale pour notre pays. Elle a été créée à la Libération pour relever le défi de l'énergie. Elle garantit l'égal accès de tous à l'électricité, droit fondamental s'il en est. Elle est un moteur de développement et un acteur majeur de l'aménagement du territoire. Elle est amenée à jouer un rôle incontournable en matière d'environnement et de recherche. À tous points de vue, EDF occupe un secteur stratégique. Tous ces éléments exigent une maîtrise citoyenne. Nous n'acceptons pas qu'on livre aux marchands notre droit à la lumière et au chauffage. Nous n'acceptons pas qu'on livre l'aménagement du territoire à des spéculateurs. Nous n'acceptons pas qu'on mette en concurrence toujours plus les hommes et les femmes à l'échelle de la planète. Il y a urgence à développer des solidarités entre pays sur la question de l'énergie. Il s'agit là d'une bataille politique qui n'a jamais été menée ! EDF doit rester publique ! "

André Canovas, secrétaire général de l'UNSA énergie.
" UNSA énergie est depuis sa création opposée à l'ouverture du capital d'EDF, tout comme ce fut le cas pour Gaz de France. Cette privatisation partielle ne se justifie ni économiquement, ni financièrement, ni socialement. Nous sommes donc confrontés à une volonté purement idéologique d'inspiration ultralibérale. Chacun sait que cette privatisation porte en elle la mort d'un service public qui donne pourtant toute satisfaction aux clients et contribue largement (embauche de personnel peu qualifié, présence sur l'ensemble du territoire, péréquation tarifaire) à la cohésion sociale si chère à nos gouvernants. UNSA énergie continue de croire qu'une forte mobilisation du personnel et de la population peut encore empêcher ce mauvais coup contre la nation et son service public. "

Annick Coupé, porte-parole de l'Union syndicale Solidaires.
" Parce que l'énergie est un bien commun, un droit fondamental, elle ne peut être soumise aux intérêts privés. Elle doit être disponible sur tout le territoire, à un prix accessible. Les technologies qu'elle fait intervenir doivent être contrôlées et maîtrisées pour garantir leur sécurité et celle des populations. L'entrée d'actionnaires privés dans le capital d'EDF détruit ces principes. L'ouverture du capital, même minoritaire, met en route la privatisation. Lors du début de la privatisation de France Télécom, en 1997, les actionnaires privés étaient minoritaires. Huit ans plus tard, l'État ne conserve qu'une part symbolique, la notion même de service public a disparu du discours des dirigeants. La recherche du profit immédiat, liée à l'actionnariat privé, est antagonique avec la nécessité d'investissements importants, non rentables à court terme. Personne n'a intérêt à cette privatisation, sauf les futurs actionnaires... Usagers et salariés : c'est ensemble qu'il faut s'opposer à cette privatisation ! "

Claude Debons, coordinateur du Collectif national du 29 mai.
" Ouverture à la concurrence et privatisation sont mortifères pour les services publics, à EDF comme ailleurs. La concurrence étrangle les possibilités de péréquation entre activités bénéficiaires et déficitaires. L'ouverture du capital accentue la recherche de rentabilité (augmentation des prix, investissements différés...) pour rémunérer les actionnaires privés. C'est la capacité à assurer un service public de qualité à tous les citoyens qui sera affectée. Alors que la hausse des prix du pétrole annonce la crise de l'énergie à venir, ce bien commun devrait être sécurisé par une maîtrise publique. Le gouvernement fait un choix inverse : satisfaire les intérêts financiers plutôt que veiller à l'intérêt général. C'est en effet tout un programme... qu'il faut combattre. "

Bernard Defaix, porte-parole des collectifs pour la défense et le développement des services publics.
" On ne peut entériner la privatisation d'EDF et la stratégie actuelle de déréglementation dans ce secteur. L'énergie est un droit fondamental qui ne peut être soumis aux règles de la rentabilité financière. L'énergie - comme l'eau d'ailleurs, même s'il y a des spécificités - n'est pas une marchandise comme une autre. À travers les impératifs de sécurité et la dimension du développement économique, les implications gouvernementales sont énormes. L'énergie relève de choix politiques fondamentaux dans un cadre qui ne peut plus être seulement national. Elle représente, au niveau mondial, un enjeu de civilisation, sa destinée ne peut être placée sous l'autorité de l'OMC, dont le caractère d'instrument des transnationales est évident. Toutes ces raisons font que l'énergie est un bien public qui ne peut être géré que par des entreprises publiques sous le contrôle de la population et avec du personnel qualifié et statutaire. "

Jean-Pierre Dubois, président de la Ligue des droits de l'homme.
" Nous sommes non seulement attachés à l'existence des services publics, mais aussi à leurs règles de fonctionnement comme le principe d'égalité. Ces règles ne peuvent être respectées qui si elles ne sont pas privées de leur efficacité par une logique marchande et purement commerciale. On l'a vu avec France Télécom ou avec Air France. De plus, on nous explique que, comme EDF a acheté des entreprises à l'étranger, il faut que des entreprises étrangères puissent intervenir de manière concurrentielle sur le marché français. Ce sont donc les dégâts faits par EDF à l'étranger qui justifient les dégâts faits par les concurrents privés en France. Enfin, une entreprise purement capitaliste ne sera pas intéressée à garantir le droit à l'énergie pour tous, mais celui de ses clients solvables. "

Henri Emmanuelli, député des Landes (PS).
" La maîtrise de la politique énergétique doit être au coeur de l'action publique : pour des raisons de sécurité (y compris celle de l'approvisionnement) et parce que le prix de l'énergie est une variable cruciale de la compétitivité. Dans un contexte de crise énergétique grave, le gouvernement persiste en toute irresponsabilité à ouvrir le capital d'EDF et de GDF pour boucher les trous budgétaires. Le secteur énergétique doit au contraire rester sous contrôle public et se consacrer à l'entretien, à la sécurité, au renouvellement du parc et à la recherche d'énergies nouvelles. La gauche doit prévenir, et dire clairement que, si elle revient au pouvoir, elle privilégiera une gestion conforme à l'intérêt général et non aux dividendes. "

Laurent Fabius, député de Seine-Maritime (PS).
" La privatisation d'EDF serait pour les personnels et pour tous les Français une faute grave et il faut la combattre. D'abord, parce les hausses de tarifs, les concentrations, l'absence de planification des capacités de production et de transport, parfois même des coupures et des pannes massives, voilà le bilan des pays sans vraie régulation. En Europe, la privatisation d'EDF rendrait impuissante une vraie politique de l'énergie. Ensuite, l'énergie est un domaine essentiel avec des politiques publiques indispensables : la recherche de l'avantage pour le consommateur plutôt que pour l'actionnaire est un enjeu social (pour les particuliers), d'aménagement du territoire (par la péréquation territoriale), de dynamisme (pour les entreprises). Les risques spécifiques liés à la filière nucléaire ne peuvent pas être laissés à une gestion privée. Enfin, nous sommes à un tournant dans notre politique énergétique. Les industries fossiles, en particulier le pétrole, se raréfient. Le marché du gaz naturel devient mondial. En réponse, nous en sommes aux balbutiements des énergies renouvelables en France. Face à ces enjeux, le gouvernement organiserait l'impuissance publique s'il ouvrait le capital d'EDF. Il serait absurde de démolir une des plus belles réussites françaises pour des raisons idéologiques et financières. "

François Hollande, premier secrétaire du Parti socialiste.
" La politique énergétique de la France doit être sous contrôle de la puissance publique. Elle conditionne pour une large part notre indépendance nationale et la vie quotidienne de nos concitoyens. L'existence de notre parc nucléaire renforce la nécessité de cette maîtrise publique. La sécurité des centrales ne peut être subordonnée à une logique de rentabilité. L'ouverture du capital d'EDF voulue par le gouvernement Villepin est la première étape de sa privatisation. C'est pourquoi nous la refusons. Si elle était, malgré tout, engagée, nous la remettrions en cause le moment venu. Pour permettre à EDF de se développer et de lever de nouveaux capitaux, je propose de créer une société publique de financement avec le concours de la Caisse des dépôts et consignations. Cette solution permettra de satisfaire les besoins en financements nouveaux d'EDF sans remettre en cause la nature publique de l'entreprise. "

Frédéric Imbrecht, Secrétaire général de la FNME-CGT.
" Dans un contexte de crise énergétique durable, il serait irresponsable que l'État affaiblisse sa capacité de maîtrise du secteur de l'électricité en permettant au marché financier de prendre prise pour orienter les stratégies industrielles dans le sens d'intérêts purement mercantiles. Avec un cash-flow opérationnel de 6,5 milliards d'euros réalisé au premier semestre 2005 (+ 13 %) l'entreprise a les moyens de financer son projet industriel. Aucune raison ne justifie cette ouverture du capital. Si véritablement Dominique de Villepin est habité par la passion de la France, il doit renoncer à la mise en oeuvre de ce projet. Le pragmatisme doit l'emporter sur le dogmatisme et la raison sur la passion. "

Bruno Julliard, président de l'Union nationale des étudiants de France.
" Dans une société où les inégalités sont chaque jour plus criantes, les principaux outils qui peuvent tendre vers plus d'égalité sont les services publics. Et toute atteinte au moindre service public est une remise en question du système de solidarité et du modèle social. Or EDF permet à tous et particulièrement à ceux qui ont peu de moyens d'accéder à l'énergie. "

Arlette Laguiller, porte-parole de Lutte ouvrière.
" Je suis évidemment contre la privatisation d'EDF, d'autant plus qu'elle se traduira inévitablement, et se traduit déjà, par des restructurations, des suppressions d'emplois et une aggravation des conditions de travail. Il n'y a aucune raison d'accepter que des groupes industriels et financiers et leurs actionnaires fassent du profit privé sur la production et la distribution de l'électricité, produit de première nécessité, qui, comme la distribution de l'eau, devrait être un service public. Il n'y a pas plus de raisons d'accepter les hausses de prix que cela annonce pour les consommateurs des classes populaires. Si, dans le cas d'EDF, les gouvernements successifs ont facilité l'ouverture au capital privé d'une manière plus étalée dans le temps, et donc moins brutale que dans le cas de la SNCM, il s'agit d'une même démarche inadmissible qui mérite la même réponse de la part des travailleurs. "

Guy Léger, président du Mouvement national de lutte pour l'environnement.
" Nous sommes contre la privatisation d'EDF pour deux raisons essentielles. D'abord, il faut garantir l'accès de l'énergie électrique à tous, ainsi que sa continuité sur tout le territoire. Ensuite, les grandes questions énergétiques sont au coeur du débat sur l'avenir de la planète, et particulièrement celles qui concernent l'effet de serre et le réchauffement climatique. De ce point de vue, EDF joue un rôle positif, la France rejette le moins possible de CO2. Parce que l'électronucléaire a été développé par la France, il est nécessaire que ce soit une entreprise propriété de la nation qui garantisse la sécurité et la sûreté des installations nucléaires. "

Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière.

" EDF est une entreprise nationale, elle appartient au pays parce qu'elle a une importance stratégique : elle assure l'indépendance énergétique du pays. Peut-on invoquer le " patriotisme économique " et en même temps livrer l'avenir du secteur aux fonds de pension, intéressés par la rentabilité immédiate, dans un domaine où l'investissement à long terme est la règle ? Elle joue un rôle économique fondamental en fournissant de l'électricité à bon marché aux citoyens comme aux entreprises. Il est ahurissant d'entendre certaines déclarations demandant une hausse des tarifs... afin que les concurrents d'EDF puissent être compétitifs ! Les exemples étrangers tendent tous à prouver les risques de la privatisation : des pannes de New York à celles du Royaume-Uni, ce sont souvent les usagers qui font les frais de la privatisation. Ces entreprises appartiennent à la collectivité et font partie du patrimoine national. Nous sommes attachés au modèle républicain. Celui-ci exige l'existence de services publics forts, dont EDF. La République sans services publics deviendrait une chimère. "

Noël Mamère, député de Gironde (les Verts).
" Au moment où l'énergie devient un bien commun on ne peut pas la confier à des intérêts privés. Un véritable débat sur les choix énergétiques doit s'ouvrir. EDF doit s'y soumettre, la société publique ne peut pas imposer ses choix sans débats. Mais ce n'est possible que si EDF reste une société publique. "

Jean-Luc Mélenchon, sénateur de l'Essonne (PS).
" EDF fait partie, de même que GDF, du coeur du service public énergétique, dont la propriété publique doit être intégralement garantie. Dans l'intérêt de l'usager tout d'abord, qui n'a rien à gagner à la logique marchande qu'impulseraient les capitaux privés. Voyez les télécoms, où la concurrence et la privatisation se sont soldées par une augmentation des prix et une dégradation du service pour le plus grand nombre ! Dans l'intérêt du pays ensuite, car seule la propriété publique peut garantir à long terme un niveau suffisant d'investissements, là où les capitaux privés ne se préoccupent que de rentabilité à court terme, au détriment de l'environnement. Dans la propriété publique d'EDF, c'est en fait la souveraineté énergétique de notre peuple qui se joue. "

Jacques Nikonoff, président d'ATTAC France.

" C'est le Wall Street Journal qui a raison ! Une étude du 1er mars 2005 portant sur les 18 États qui ont déréglementé l'électricité conclut que "la concurrence reste largement un mythe", car les prix ont eu "tendance à monter". Dans le Montana, l'État impose désormais que les ménages achètent l'électricité à un service public. Dans le Michigan, aucune entreprise d'électricité ne s'est fait connaître pour fournir des services aux ménages par crainte de ne pouvoir revendre l'électricité en réalisant un profit. En Pennsylvanie, le secteur privé dessert actuellement moins de la moitié des ménages qu'il n'en servait en 2000 : 180 000 contre 430 000. Dans l'État de New York, deux services publics seulement ont ouvert leur zone au secteur privé. Mais 80 % des usagers sont restés dans le secteur public... "

Vincent Peillon, député européen (PS).
" Le premier argument contre la privatisation d'EDF tient au développement à l'international, qui était la justification de l'ouverture du capital. En fait, il a surtout créé des problèmes pour l'entreprise. Deuxièmement, la question de l'énergie est essentielle. Elle relève de l'intérêt général pour des raisons qui sont évidemment économiques, mais aussi géostratégiques, on le voit avec la crise du pétrole. S'ajoute le fait que la France est approvisionnée par le nucléaire ; or l'État est le seul à pouvoir s'inscrire dans une stratégie de long terme et à nous garantir une sécurité minimale. Troisièmement, chaque fois que, dans des entreprises qui doivent répondre à des missions de service public, comme La Poste, l'ouverture du capital a lieu, les missions de service public sont progressivement contournées et l'égalité territoriale tout comme l'égalité des usagers quels que soient leurs revenus sont abandonnées. "

Corinne Rinaldo, secrétaire confédérale de la Confédération nationale du logement (CNL).
" Nous avons pris position contre, dès le débat public engagé par Nicole Fontaine, en 2000, en préparation à l'ouverture de marché. On n'a aucune certitude quant au prix de l'énergie domestique. Notre crainte est que le 1er juillet 2007 se profilent des augmentations. Même si on nous dit que le prix du kilowattheure n'est pas très élevé, on trouve la différence au niveau de toutes les taxes incluses dans le total de la quittance. Si vous n'habitez pas près d'une centrale ou d'un relais, la distance d'acheminement est comptée. On aura donc des disparités de facture selon les lieux d'habitation des personnes. Quels choix auront les familles pour faire jouer la concurrence ? Si le bailleur sort d'EDF, on ne pourra pas y retourner en cas de problème. "

Yves Salesse, coprésident de la Fondation Copernic.
" La Fondation Copernic mène depuis trois ans une campagne de défense des services publics et contre la privatisation d'EDF. Celle-ci serait une spoliation de notre peuple et un danger pour l'avenir. Les services publics, outils essentiels de la solidarité sociale, ne peuvent être livrés aux intérêts privés et à la loi du profit. A fortiori dans le domaine de l'énergie, secteur stratégique pour l'activité d'un pays. À l'opposé des politiques de privatisation, nous défendons l'extension et l'amélioration des services publics, notamment un meilleur contrôle démocratique sur leurs missions et leur stratégie. "

Georges Séguy, ancien secrétaire général de la CGT.
" À l'évidence, la privatisation d'EDF serait lourde de préjudice pour le statut de son personnel, pour le prix de l'électricité domestique et pour l'équilibre de nos besoins énergétiques croissants. Mais il est un autre danger dont on parle peu, bien qu'il soit très grave : quand la recherche du profit se substitue aux impératifs inhérents à un service public, la gestion de la production au moindre coût touche en tout premier lieu la maintenance, c'est-à-dire la securité, or nous vivons dans un pays où 80 % de la consommation d'électricité est d'origine nucléaire, ça plaît ou ça ne plaît pas, mais il en est ainsi, et pour longtemps. Il est donc facile de comprendre la nature des périls qui résulteraient d'une maintenance des centrales nucléaires échappant à la haute qualification des personnels d'EDF pour être sous-traitée à bas prix à des entreprises françaises ou étrangères. Voilà pourquoi la privatisation d'EDF engendrerait une redoutable insécurité publique. "

Christiane Taubira, députée de Guyane (PRG).
" Le néolibéralisme a des pudeurs de mots. L'ouverture du capital est le smoking de la privatisation. Le gouvernement a des délicatesses impubères. Il met des conditions comme on émet des voeux pieux. Il attend de l'entreprise un "engagement de service public". Voilà qui sublime l'impuissance de - l'État. Où est passée la virile vigueur du commandement sur le "patriotisme économique" ? L'opérateur public aurait-il déjà cessé d'être public pour que le premier ministre se contente d'espérer des gestes là où il devrait garantir une mission ? L'obligation et la délégation de service public sont juridiquement encadrées. Il leur manque les sanctions judiciaires sans lesquelles la loi n'est que vain bavardage. Le service public n'est donc pas affaire de bonne volonté. Il est le moyen d'assurer la stricte égalité des citoyens dans l'accès aux biens et services de première nécessité. L'électricité en fait partie, l'eau potable en dépend. Égaux en tous lieux du territoire, en France et outre-mer, telle est la marque du progrès. "

Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT.
" Nous vivons une crise énergétique qui n'est pas près de se dénouer. Dans ce contexte, il serait proprement aberrant de se priver d'un outil de maîtrise publique de l'énergie aussi performant qu'EDF. Cette entreprise est une grande réussite industrielle, qui n'a pas d'équivalent en Europe et dans le monde. C'est la qualité du service public, des réponses qu'il apporte aux besoins des usagers ainsi que la qualification et le dévouement des personnels qui en sont à l'origine. Aujourd'hui, rien ne justifie l'ouverture du capital d'EDF. Les besoins de financement de nouveaux équipements de production et distribution peuvent être couverts par bien d'autres moyens, au demeurant souvent moins coûteux qu'une cession-augmentation de capital. La volonté du gouvernement relève purement et simplement d'une logique libérale. Ouvrir le capital d'EDF, au moment où la situation financière de l'entreprise est bonne, relève du dogme politique et serait une spoliation de la nation. Elle porterait un coup terrible au service public, au niveau de sécurité des installations et à l'emploi. Pour la CGT, le gouvernement doit y renoncer. "

Yann Wehrling, secrétaire national des Verts.
" Les Verts sont contre les privatisations des entreprises publiques qui ont des missions de service public. La mission d'EDF, c'est l'énergie pour tous les citoyens. Cette mission doit impérativement s'accompagner d'un engagement sur les énergies renouvelables et la sortie du nucléaire, d'un contrôle démocratique sur les choix technologiques, d'une transparence accrue dans la gestion et l'association des usagers, d'une ouverture loyale du réseau aux productions autonomes d'énergies renouvelables, et de garanties d'approvisionnement pour les plus démunis. "

Malika Zediri, porte-parole de l'APEIS, conseillère régionale d'Île-de-France.
" Comment choisir, entre le fait d'alimenter son frigo, ou de laisser suffisamment d'ampoules pour les devoirs des gosses ? Comment éviter la bougie, qui faute de mieux devient l'indispensable quand coupure il y a. Nous sommes loin du grand service public, que Benoît Frachon revendiquait, et avec lui des centaines de milliers d'usagers. Un grand service public de l'énergie est indispensable. Défendre notre patrimoine, nos conquêtes, cela nous concerne tous. Sortons du "moyen âge", produisons de la lumière pour tous. Tout est affaire de choix économique. On ne doit plus avoir à choisir entre un frigo et une machine à laver. Il faut cesser les coupures et garantir à chacun le droit à l'énergie pour lire et travailler. "

Émile Zuccarelli, ancien ministre, député et maire (PRG) de Bastia.
" EDF ce n'est pas une entreprise comme les autres. Le coeur de son activité recouvre un enjeu stratégique pour notre pays. Au quotidien, pour chaque citoyen, l'entreprise publique représente aussi la garantie d'un accès égal et garanti à l'électricité. Ainsi, avec la péréquation, un usager d'un village du cap Corse a les mêmes droits à l'accès au réseau qu'un habitant de Paris intra-muros. Cette réalité est le fruit d'une volonté et d'investissements qui appartiennent au patrimoine commun. La privatisation, fût-elle partielle, d'EDF, ce serait donc l'abandon d'une partie de cet acquis commun. Ce serait aussi, demain, le risque de voir la démarche sociétale du service public de l'électricité, préservée jusqu'alors par-delà les changements politiques, remise en question par des actionnaires privés en mal de retours sur investissement. Je ne suis pas un militant de l'économie administrée. Mais, au regard des enjeux dont EDF est porteuse, qui plus est en pleine crise énergétique mondiale, je juge l'ouverture de son capital à la fois inopportune et dangereuse. "

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La Fondation Copernic veut forger une « langue commune »
Gauche antilibérale.           La discussion sur le programme pour une alternative en 2007
aura été au coeur des débats organisés les 5 et 6 novembre 05 à Paris.

À l’issue de deux journées où une vingtaine d’intervenants (militants politiques ou associatifs, syndicalistes, universitaires, hauts fonctionnaires, etc.) ont, avec le concours de plusieurs centaines de militants, énuméré des « propositions pour sortir du libéralisme » dans presque tous les domaines (services publics, droits sociaux, citoyenneté, égalité homme-femme, emploi, chômage, assurance maladie, santé, droit du travail, Union européenne, formation, etc.), la Fondation Copernic avait invité, dimanche en fin d’après-midi, les représentants des forces politiques et sociales s’inscrivant dans une démarche antilibérale unitaire à tracer quelques perspectives nouvelles après la victoire collective du « non » le 29 mai dernier. « Nous devons dégager ce que nous sommes capables de dire ensemble plutôt que de creuser nos différences, a invité Yves Salesse, le coprésident de la Fondation Copernic qui, à ce titre, a joué un rôle moteur dans l’appel des 200 contre le traité constitutionnel européen. Cela a toujours été la méthode de notre toute petite association : rassembler toutes les sensibilités de la gauche antilibérale pour un travail très concret de discussion approfondie. Et c’est fondamental : nous sommes en train d’élaborer notre langue commune, une langue commune qui n’existait pas, étant donné les exclusives, le sectarisme qui ont longtemps prédominé dans le mouvement ouvrier. »

« le faire, c’est mieux ! »
À l’adresse des dirigeants du PCF, de la LCR, d’Alter Ekolo (le mouvement à peine créé autour notamment de la Verts Francine Bavay), de PRS (l’association conduite par le socialiste Jean-Luc Mélenchon), des Alternatifs, du MARS, d’Alternative citoyenne, du réseau féministe Ruptures et des syndicalistes comme Annick Coupé et José Bové, Claude Debons, pour la Fondation Copernic et le collectif national du 29 mai (ex-appel des 200) interroge : « Sommes-nous capables d’élaborer ensemble des alternatives programmatiques et de les faire prendre en charge par un mouvement populaire comme cela a été le cas avec la victoire du "non" au référendum ? » Engagés dans des batailles à l’intérieur de leurs formations respectives, le socialiste François Delapierre et l’écologiste Francine Bavay considèrent, en quelque sorte comme l’a dit le premier, qu’« être présent aux rencontres de Copernic, c’est déjà significatif » et avancent leurs exigences prioritaires dans le rassemblement antilibéral (« renouer avec l’esprit de 1789 » pour l’un, « ne pas omettre les questions écologiques trop absentes de nos débats » pour l’autre). « On continue sur le souffle de la campagne référendaire, se félicite Olivier Besancenot (LCR), et dès lors cette initiative de Copernic est louable parce qu’elle nous offre l’occasion de discuter les contenus en profondeur. On ne va pas tous se mettre d’accord sur le projet de société anticapitaliste, mais certaines idées avancent : on le constate quand on voit se répandre l’idée de récupérer l’argent public octroyé aux groupes qui font des licenciements boursiers. Maintenant, j’ai envie de dire aux socialistes dans les conseils régionaux : « le dire, c’est bien, le faire, c’est mieux ! » Dans ces conditions, on doit vraiment discuter du contenu avant de discuter du casting pour les élections. »

« C’est d’une urgence extrême »
Pour Claire Villiers (Alternative citoyenne), en revanche, « le travail sur le contenu antilibéral de nos propositions est déterminant, mais cette élaboration doit être liée à la volonté politique affichée, revendiquée d’aboutir ensemble pour les échéances électorales de 2007. Selon nous, le programme et le casting pour ces élections sont inséparables, et comme il y a un rapport dialectique entre les deux, il faut que nous le disions ensemble. C’est d’une urgence extrême. » De son côté, José Bové lance : « Peu importe qui ira à l’élection, ce n’est pas le moment de trancher... Nous devons créer des dynamiques par le débat et par les mobilisations sur le terrain pour les services publics, contre la directive Bolkestein et contre l’OMC. 2007 doit être un moment de plaisir aussi, comme l’a été la campagne qui a conduit à la victoire du 29 mai. » À propos de la démarche stratégique, Francis Parny, pour le PCF, encourage à « s’inspirer » de la campagne du « non » caractérisée « par le retour du politique comme bien partagé » : « Les comités du "non" ont montré qu’il était possible de travailler ensemble sans que quelqu’un tire la couverture à soi. La construction du programme pour une alternative doit se faire bien en amont des échéances électorales. C’est dans ce sens que nous avons proposé les 1 000 forums dans tout le pays, ouverts à toutes les forces qui le désirent. Ce qui nous guide, c’est le développement d’une dynamique réellement populaire. »

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