Collectif du 29 Mai - Pays bigouden

rubrique Monde

 

Libéralisme et pauvreté.

Les politiques néolibérales - intégrées au " Consensus de Washington " - qui furent lancées il y a une vingtaine d'années sont un échec notoire. La croissance est moins importante qu'alors, le développement social et économique n'est plus à l'ordre du jour. Les politiques commerciales privent les pays pauvres de leurs potentiels à se développer. Le remède néolibéral pour réduire la pauvreté n'apporte aucune guérison. Pourtant les dirigeants du monde riche ne font que reconduire les mêmes prescriptions.
Toutes les institutions mondiales doivent faire face à une grave crise de légitimité. Désormais l'ONU met en avant les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), mais les gouvernements des pays du Nord et du Sud sont incapables de dégager les ressources financières nécessaires pour combattre la pauvreté. Il est presque certain que les OMD ne seront pas atteints en 2015. L'extrême pauvreté est celle qui tue. C'est celle que les OMD veulent réduire de moitié, ce qui abandonnerait encore à la mort des millions de gens.
Les politiques de réduction de la pauvreté préconisées par la Banque mondiale ne cherchent qu'à donner un visage humain à la mondialisation néolibérale. Mais c'est un visage emprunt d'une grimace sardonique. Les politiques de la Banque mondiale détruisent la protection sociale et privatisent les services sociaux, les rendant ainsi inaccessibles aux plus démunis. La Banque mondiale affirme que les pays pauvres ont besoin d'être bien gouvernés, mais, dans le même temps, rend toute démocratie impossible en ne prenant en compte que l'aspect soi-disant culturel du développement institutionnel.
Les politiques de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) obligent les pays pauvres à ouvrir leurs frontières aux marchandises et services en provenance des pays riches. Les conséquences directes de ces politiques sont la désindustrialisation et le chômage. Parallèlement, les pays pauvres se voient contraints de produire pour l'exportation et d'importer pour leur consommation propre. C'est un cercle vicieux totalement absurde et insoutenable auquel on doit mettre un coup d'arrêt immédiat.
La dimension très limitée des décisions que prennent les ministres de l'économie et des finances du G7 afin d'annuler la dette multilatérale de 18 pays pauvres reste conditionnée une fois de plus à l'obligation de privatisation. Les bénéfices ainsi fournis aux entreprises des pays riches peuvent se révéler supérieurs au montant de la dette annulée.
D'autres politiques sont possibles et doivent être définies par les peuples des pays riches et pauvres. Certaines exigences sont mondiales. La dette extérieure de tous les pays pauvres doit être intégralement annulée. Ces pays ont besoin d'une autonomie plus importante afin de déterminer leurs propres politiques de développement social et économique. Les pays du Sud doivent avoir leur propre espace pour poursuivre des politiques de développement garantissant l'accès à un certain bien-être semblable à celui des pays riches. Des politiques pour l'emploi et la protection sociale doivent être menées. Les mouvements des capitaux doivent être contrôlés et des taxes globales nécessairement introduites pour une redistribution globale des revenus et le financement de biens publics mondiaux indispensables, eux aussi, à la réduction des inégalités et à la protection de la planète.
Le traitement de la pauvreté dans le monde reste une question très ambiguë. Les dirigeants du monde riche se servent de la tragique pauvreté subie par des milliards d'habitants comme prétexte pour mettre en œuvre, partout, les " réformes " néolibérales. ......................... (d'après Attac, juillet 2005)

Ca bouge en Amérique latine !

Dans une grande diversité de formes, le mouvement populaire latino-américain transforme ses luttes en expériences gouvernementales. Cette diversité s'exprime dans les stratégies adoptées et dans les formes d'affronter les défis que les réalités nationales imposent.
Les années sombres de la répression exercée par les dictatures et régimes autoritaires avaient désarticulé et affaibli la gauche et des organismes comme le FMI avaient réussi à imposer des politiques libérales qui ont aggravé la pauvreté et ont creusé les inégalités tout en permettant aux transnationales de s'approprier des richesses du continent. Ces peuples relèvent la tête. Le mouvement populaire et les partis de la gauche transformatrice se renforcent et des acteurs nouveaux apparaissent sur la scène politique. Des syndicats sont créés et les paysans sans terre s'organisent sur tout le continent, le mouvement indigène redonne leur dignité à des populations exclues depuis des siècles de la vie politique, les habitants des quartiers populaires organisés deviennent des interlocuteurs des nouveaux gouvernements progressistes. Tout en se réclamant des expériences historiques de la gauche latino-américaine, ces forces populaires montrent une grande créativité dans la conception des stratégies et une grande capacité à inventer des nouvelles formes de démocratie.
Les expériences en cours nous montrent qu'il est possible de penser l'alternative en termes nouveaux dépassant les schémas classiques utilisés par le monde progressiste jusqu'ici. L'adoption de nouvelles Constitutions ouvre la voie à l'exercice des formes participatives de la démocratie et à la réappropriation des ressources naturelles que les transnationales exploitaient jusqu'ici sans que les peuples bénéficient des richesses produites.
En Argentine, en Equateur des gouvernements tombent sous la pression populaire. Au Brésil et en Uruguay des coalitions de gauche avec la participation des communistes arrivent aux gouvernements après des longues années d'effort pour construire une alternative. En Bolivie les mouvements sociaux transforment leurs luttes contre la privatisation de l'eau et pour la nationalisation des hydrocarbures en victoire électorale et plus que jamais, parce qu'il faut s'assurer de la réussite des expériences gouvernementales en cours, les mouvements sociaux restent dans l'action en essayant de peser dans lès rapports de forces créés.
En nationalisant les hydrocarbures, le gouvernement d'Evo Morales met en question les discussions en cours au sein de l'OMC et les conditions que l'Union européenne veut imposer dans ses négociations avec les pays latino-américains, notamment celles qui les obligent à privatiser des secteurs stratégiques et à adopter des législations qui excluent toute possibilité d'expropriation. La résistance face aux politiques libérales s'est convertie en une force de proposition qui dépasse le cadre national. La puissance des États-Unis est questionnée dans ses projets de domination continentale grâce à la mobilisation et à la volonté de faire avancer une intégration des pays latino-américains fondée sur la coopération.
L'unité rêvée par Simon Bolivar est peut-être en train de naître en ce début de siècle.
o( Obey Ament, journaliste Relations internationales )


Interview de Jean Ziegler " La tragédie, c'est qu'une reféodalisation du monde a lieu... "

                   Faim dans le monde, ONU, " guerre contre le terrorisme ", " barbarie néolibérale "...
       Jean Ziegler, rapporteur des Nations unies sur le droit à l'alimentation, appelle à "l'insurrection des consciences ".


HD. Vous êtes connu pour vos prises de position radicales. Aujourd'hui, c'est le rapporteur spécial de l'ONU sur le droit à l'alimentation qui est en colère.
JEAN ZIEGLER. Il existe une situation scandaleuse dont personne ne parle. Au Darfour, où 2,2 millions de personnes sont déplacées ou réfugiées, le Programme alimentaire mondial (PAM) a réduit depuis la mi-avril les rations journalières à 1 000 calories par adulte (1). C'est moins de la moitié du minimum vital fixé par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). L'ONU est donc en train de fabriquer des milliers de mutilés à vie : entre 0 et 5 ans, sans alimentation adéquate, les neurones de l'enfant ne se développent pas et c'est irrécupérable. Le PAM n'est pas en cause. Ce sont les États donateurs qui ont réduit de plus du tiers, parfois de plus de la moitié, leur contribution financière. Un autre exemple, dans la Corne de l'Afrique où 15 millions de personnes sont menacées par la famine, les Nations unies ont besoin de 98 millions de dollars pour les mois de juin, juillet et août. Elles en ont obtenu 32 millions. Pourquoi ? Parce que les États donateurs donnent désormais la priorité absolue aux investissements dits " de sécurité ". Autrement dit, la " guerre contre le terrorisme " est maintenant payée par la mort des enfants du Soudan, de la Somalie et de l'est de l'Éthiopie. L'année dernière, les sommes dépensées pour l'achat d'armes - sans compter les budgets militaires - ont dépassé les 1 000 milliards de dollars dans le monde.
HD. Est-ce cela que vous appelez " l'empire de la honte ", titre de votre dernier ouvrage?
J. Z
. L'empire de la honte, c'est l'empire des sociétés multinationales privées et plus généralement de l'ordre économique actuel du monde. Depuis qu'ils sont sur terre, les hommes souffrent de la faim. Or, aujourd'hui, pour la première fois dans l'histoire grâce à une formidable succession de révolutions technologiques, industrielles et électroniques, la faim n'est plus une fatalité. Entre 1992 et 2002, le produit mondial brut a doublé et le commerce mondial a triplé. D'incroyables richesses ont été créées, faisant passer les hommes du royaume de la nécessité à celui de l'abondance. La tragédie, c'est qu'au même moment a lieu une captation de ces richesses, une " reféodalisation " du monde par les oligarchies du capital financier international. Ainsi, en 2005 : les 500 plus puissantes sociétés multinationales privées ont contrôlé 52 % du produit mondial brut, c'est-à-dire plus de la moitié de tous les capitaux, marchandises, services, brevets, etc. produits en une année sur la planète. Ces sociétés ont un pouvoir qu'aucun pape, ni aucun empereur n'ont jamais eu dans l'histoire. Or ces sociétés fonctionnent exclusivement selon la stratégie de la maximalisation du profit.
HD. Comment s'est faite cette " reféodalisation " du monde ?
J. Z.
Avec la chute de l'URSS en 1991, le capitalisme a conquis le monde et instauré la loi universelle et exclusive du marché. D'abord, en libéralisant le plus possible les mouvements de capitaux et de marchandises. Ensuite, en privatisant : soumettre à la loi du profit tous les secteurs de la vie humaine. Tout a désormais un prix : le génome des plantes, des animaux, l'eau, etc. Ces " cosmocrates " légitiment leur projet avec une théorie selon laquelle la pratique économique échappe à la volonté de l'homme et obéit à des lois naturelles. Prenez l'exemple des délocalisations et des fermetures d'usines en bon état de marche, on nous dit : " C'est douloureux, mais c'est la loi du marché, la loi naturelle. " Faux ! Ces fermetures sont le résultat d'une stratégie mise en œuvre pour maximiser le profit.
HD. Et quelles en sont les conséquences?
J. Z.
Libéralisation et privatisation sans entrave provoquent la naissance d'un ordre absurde : en 2005, 100 000 personnes par jour sont mortes de faim ou de ses suites immédiates. Un enfant de moins de 10 ans est mort toutes les 5 secondes. 856 millions de personnes ont été gravement et en permanence sous-alimentées. Or l'agriculture mondiale, dans l'état actuel de ses forces de production, pourrait nourrir sans problème 12 milliards d'êtres humains. Et nous sommes 6,2 milliards ! Je le répète, il n'y a pas de fatalité : un enfant qui meurt de faim est assassiné. L'ordre du monde n'est pas seulement meurtrier, il est aussi absurde : il tue, mais il tue sans nécessité.
HD. Vous dites qu'il n'y a pas de fatalité. Mais on nous présente des pays victimes de catastrophes naturelles. Qu'ont-elles à voir avec le capitalisme ?
J. Z.
Ces catastrophes arrivent à des économies d'une extrême fragilité, incapables de résister. Prenons l'exemple du Niger, le 3e pays le plus pauvre du monde et un des plus endettés. Depuis des années, pas de pluie mais des milliards de criquets. L'essentiel de la population est nomade : le Niger est célèbre pour ses troupeaux (20 millions de têtes), c'est la principale richesse. Une des institutions les plus importantes de l'État nigérien était l'Office national vétérinaire chargé de distribuer vaccins et autres médicaments vétérinaires pour le bétail. Il y a trois ans, le Fonds monétaire international (FMI) a exigé sa privatisation dénonçant une " distorsion du marché ". Résultat : des dizaines de milliers de familles d'éleveurs ont rejoint les bidonvilles de Sokoto, Kano, Niamey... parce que leurs troupeaux sont morts faute de médicaments à des prix abordables pour le bétail. '
HD.. Il existe pourtant des organisations chargées d'aider ces économies à se renforcer, les Nations unies entre autres.
J. Z.
Je défendrai toujours les Nations unies car sa charte contient les principes fondateurs de la civilisation démocratique. Mais aujourd'hui l'organisation vit dans un état de schizophrénie avancé ! Ses 22 organisations spécialisées (l'UNICEF, l'OMS, le PAM, etc.) font un travail remarquable. Mais les avancées millimétriques qu'elles réalisent chaque année sont annulées par la Banque mondiale, le FMI et l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Ce sont des organisations mercenaires qui appliquent des stratégies néolibérales : en maintenant la dette, en augmentant les intérêts, en imposant les privatisations, en affaiblissant l'État national.
HD. Comment faudrait-il réformer l'ONU pour lui redonner de l'autorité ?
J. Z.
Une première mesure serait de supprimer le droit de veto des membres permanents du Conseil de sécurité. A cause de cette règle de l'unanimité, des situations terribles perdurent. Au Darfour, un effroyable génocide est en cours depuis trois ans et demi. Le Conseil de sécurité n'arrive pas à adopter une résolution pour l'envoi de casques bleus, car la Chine est le principal investisseur dans le pétrole soudanais et oppose son veto. Même chose pour la Palestine : c'est un peuple martyr, une blessure ouverte. Les Palestiniens vivent une négation permanente des droits de l'homme et du droit international public. Mais les gouvernements successifs d'Israël sont couverts par les États-Unis.
HD..Vous dites du 11 septembre 2001 qu'il a accéléré ce processus de reféodalisation.
J. Z.
Le 11 septembre 2001 est un crime total. Mais ce crime a été utilisé par ceux qui ont fait élire Bush, à savoir les sociétés pétrolières du Texas, pour exiger que l'appareil militaro-politique américain serve leurs intérêts. Ainsi, le hold-up contre l'Irak et son pétrole en mars 2003. Toute tentative de résistance à cette stratégie de satellisation est intitulée terrorisme et anéantie. Dans cette " guerre contre le terrorisme " que le capital mène, il y a 3 aspects : la conquête des marchés par les sociétés multinationales, les énormes profits générés par le surarmement (le budget militaire américain a augmenté de 42 % entre 2001 et 2003) et la réduction massive des libertés à l'intérieur même des États-Unis.
HD. Pensez-vous que les Etats-Unis soient le principal danger qui guette le monde ?
J. Z.
Le régime de Bush - et évidemment pas le peuple américain - est certainement un danger pour l'humanité entière. Parce qu'il refuse nombre de principes fondamentaux du droit international. Ainsi, il réinstaure la torture et les assassinats extrajudiciaires. Il oppose ses " valeurs " à la théorie des droits de l'homme. Or, si les " valeurs " singulières de tout peuple sont toutes respectables, ce sont les droits de l'homme qui font la communauté humaine. Cette rupture entre " valeurs " et droit me paraît être une chose très profonde. C'est une rupture de civilisation.
HD. L'Europe ne pourrait-elle pas être un contrepoids ?
J. Z.
À l'heure actuelle, elle est entièrement entre les mains du capital financier international. Javier Solana, chargé des relations extérieures de l'Union européenne, est totalement soumis à la rationalité américaine, c'est un mercenaire. Après, on s'étonne que l'Europe s'aligne sur la guerre en Irak. Elle est incapable de tenir tête aux Américains. L'Europe institutionnelle est un eunuque. HD. D'où peut venir le changement ? J. Z. De l'insurrection des consciences. Karl Marx a dit : " Le révolutionnaire doit être capable d'entendre pousser l'herbe. " Aujourd'hui, l'herbe pousse. D'une façon totalement inattendue. L'État national est très affaibli. La défense du bien commun s'est réfugiée dans la société civile. Le dernier Forum social mondial de Porto Alegre a réuni 160 000 personnes représentant plus de 8 000 mouvements sociaux. Autant de fronts de résistance qui n'obéissent qu'à l'impératif moral que chacun de nous porte en lui. Les " non " à la constitution européenne sont extraordinaires. Cette société civile est pour moi devenue l'espérance première. Ce processus révolutionnaire à venir relève de " la liberté libérée dans l'homme ". Antonio Machado disait : " Caminante, no hay camino, el camino se hace al andar " (Homme qui marche, il n'y a pas de chemin, le chemin se fait en marchant). -".

(1) Disponibilités énergétiques alimentaires (DEA) moyennes en France : 3550 calories.
ENTRETIEN RÉALISÉ PAR CHARLOTTE BOZONNET -Humanité Dimanche du 8 juin 2006-
Jean Ziegler : Universitaire, écrivain et homme politique suisse, Jean Ziegler est depuis 2000 rapporteur spécial de l'ONU sur le droit à l'alimentation.
Bibliographie : " La Suisse lave plus blanc " (1990), " La Suisse, l'or et les morts " (1997), " la Faim dans le monde expliquée à mon fils " (2000), " les Nouveaux Maîtres du monde et ceux qui leur résistent " (2002). Son dernier livre, " l'Empire de la honte " (Fayard 2005), décrypte la mise en coupe réglée du monde par les sociétés multinationales privées.


. REUNION de l'OMC à Hongkong en Décembre.2005....

  • CAMPAGNE « OMC : 10 ANS, ÇA SUFFIT ! » : REVENDICATIONS DES ASSOCIATIONS MOBILISÉES

La prochaine conférence ministérielle de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) a pour objectif d'accélérer les processus de libéralisation des marchés dans de nombreux secteurs, de poursuivre la transformation de toutes les activités humaines en marchandise.
Pour lutter contre cette logique néolibérale, Attac et différentes associations ont décidé de se mobiliser et présentent leurs revendications. OMC : 10 ans ça suffit !

Afin que la 6ème conférence ministérielle de l'organisation mondiale du commerce (13-18 décembre) ne débouche pas sur un accord qui consacrerait la primauté du droit du commerce sur les droits économiques, sociaux et environnementaux, 24 organisations françaises se mobilisent autour de « OMC, 10 ans ça suffit ! ». La campagne débutera le 12 novembre prochain.
La 6ème conférence ministérielle de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) se déroulera à Hong-kong du 13 au 18 décembre prochains. Son objectif essentiel : accélérer les processus de libéralisation des marchés dans de nombreux secteurs. Sont ainsi notamment concernés les services dans le cadre de l'Accord Général sur le Commerce des Services (AGCS), l'Agriculture et l'Accès aux Marchés Non Agricoles (NAMA).

Ces choix politiques menacent directement les agricultures paysannes, les services publics et les droits des salariés. La généralisation du libre-échange profite avant tout aux firmes transnationales et grève toute entreprise de régulation du commerce international.
Face à cette menace, 24 organisations syndicales, de la société civile et de solidarité internationale allient leurs forces dans une campagne commune intitulée « OMC : 10 ans, ça suffit ! ».

Dans un appel commun, nous demandons :
- Un moratoire sur les négociations dans l'attente d'une évaluation objective et transparente des impacts économiques, sociaux et environnementaux de la libéralisation commerciale,
- Une renégociation du mandat de la Commission européenne à l'OMC ;
- Le respect systématique du principe de précaution en matière d' environnement, de santé publique et d'alimentation ;
- Le retrait des négociations de l'AGCS de l'eau, la santé, l'éducation, la culture et le logement qui constituent autant de droits fondamentaux
- Le retrait des négociations NAMA des produits issus des ressources naturelles, en particulier des produits du bois et de la pêche ;
- Le droit pour les pays à définir le périmètre de leurs services publics et de les soustraire aux règles de la concurrence ;
- L'interdiction des brevets sur le vivant : plantes, animaux, micro-organismes et gènes ;
- L'accès effectif de l'ensemble de l'humanité aux médicaments contre entre autres le sida, la malaria et la tuberculose ;
- Le droit des pays et des grandes régions à assurer leur souveraineté alimentaire, à protéger leur agriculture paysanne et garantir le droit à l' alimentation de leurs populations ;
- La mise en ouvre de mécanismes de soutien et de régulation des marchés agricoles mondiaux.

Dans le cadre de cette campagne, nous
- interpellerons la Commission Européenne et le gouvernement français
- soutenons l'organisation de « 100 débats sur l'OMC » dans toute la France du 12 au 30 novembre et appelons à une mobilisation générale à l'approche de la conférence de l'OMC.

AGIR ICI, Agronomes et Vétérinaires sans frontières (AVSF), Association France Amérique Latine, Association pour la Taxation des Transactions pour l 'Aide aux Citoyens (ATTAC), Les Amis de la Terre, Comité pour l'annulation de la dette du tiers-monde (CADTM) Confédération Paysanne, Coordination pour le contrôle citoyen de l'OMC (CCCOMC), Comité Français pour la Solidarité Internationale (CFSI),Centre de Recherche et d'Information sur le développement (CRID) , Fédération Artisans du monde, Fédération Syndicale Unitaire (FSU), Greenpeace, Guayapi Tropical, Initiatives pour un autre monde (IPAM), Ligue des droits de l'Homme (LDH), Max Havelaar France, Peuples Solidaires, Plate-forme pour le commerce équitable (PFCE), Réseau des centres de documentation pour le développement et la solidarité internationale (RITIMO), Solidarité, Union Nationale des étudiants de France (UNEF), Union syndicale Solidaires, Vamos !

Appel commun et agenda des actions sur www.omc10anscasuffit.org

 

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