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Ca bouge en Amérique
latine !
Dans une grande diversité de formes, le mouvement populaire
latino-américain transforme ses luttes en expériences gouvernementales.
Cette diversité s'exprime dans les stratégies adoptées et dans les formes
d'affronter les défis que les réalités nationales imposent.
Les années sombres de la répression exercée par les dictatures et régimes
autoritaires avaient désarticulé et affaibli la gauche et des organismes
comme le FMI avaient réussi à imposer des politiques libérales qui ont
aggravé la pauvreté et ont creusé les inégalités tout en permettant aux
transnationales de s'approprier des richesses du continent. Ces peuples
relèvent la tête. Le mouvement populaire et les partis de la gauche transformatrice
se renforcent et des acteurs nouveaux apparaissent sur la scène politique.
Des syndicats sont créés et les paysans sans terre s'organisent sur tout
le continent, le mouvement indigène redonne leur dignité à des populations
exclues depuis des siècles de la vie politique, les habitants des quartiers
populaires organisés deviennent des interlocuteurs des nouveaux gouvernements
progressistes. Tout en se réclamant des expériences historiques de la
gauche latino-américaine, ces forces populaires montrent une grande créativité
dans la conception des stratégies et une grande capacité à inventer des
nouvelles formes de démocratie.
Les expériences en cours nous montrent qu'il est possible de penser l'alternative
en termes nouveaux dépassant les schémas classiques utilisés par le monde
progressiste jusqu'ici. L'adoption de nouvelles Constitutions ouvre la
voie à l'exercice des formes participatives de la démocratie et à la réappropriation
des ressources naturelles que les transnationales exploitaient jusqu'ici
sans que les peuples bénéficient des richesses produites.
En Argentine, en Equateur des gouvernements tombent sous la pression populaire.
Au Brésil et en Uruguay des coalitions de gauche avec la participation
des communistes arrivent aux gouvernements après des longues années d'effort
pour construire une alternative. En Bolivie les mouvements sociaux transforment
leurs luttes contre la privatisation de l'eau et pour la nationalisation
des hydrocarbures en victoire électorale et plus que jamais, parce qu'il
faut s'assurer de la réussite des expériences gouvernementales en cours,
les mouvements sociaux restent dans l'action en essayant de peser dans
lès rapports de forces créés.
En nationalisant les hydrocarbures, le gouvernement d'Evo Morales met
en question les discussions en cours au sein de l'OMC et les conditions
que l'Union européenne veut imposer dans ses négociations avec les pays
latino-américains, notamment celles qui les obligent à privatiser des
secteurs stratégiques et à adopter des législations qui excluent toute
possibilité d'expropriation. La résistance face aux politiques libérales
s'est convertie en une force de proposition qui dépasse le cadre national.
La puissance des États-Unis est questionnée dans ses projets de domination
continentale grâce à la mobilisation et à la volonté de faire avancer
une intégration des pays latino-américains fondée sur la coopération.
L'unité rêvée par Simon Bolivar est peut-être en train de naître en ce
début de siècle.
o( Obey Ament, journaliste Relations internationales )
Interview de Jean Ziegler " La
tragédie, c'est qu'une reféodalisation du monde a lieu... "
Faim
dans le monde, ONU, " guerre contre le terrorisme ", " barbarie néolibérale
"...
Jean Ziegler, rapporteur des
Nations unies sur le droit à l'alimentation, appelle à "l'insurrection
des consciences ".
HD. Vous êtes connu pour
vos prises de position radicales. Aujourd'hui, c'est le rapporteur spécial
de l'ONU sur le droit à l'alimentation qui est en colère.
JEAN ZIEGLER. Il existe une situation scandaleuse dont personne
ne parle. Au Darfour, où 2,2 millions de personnes sont déplacées ou réfugiées,
le Programme alimentaire mondial (PAM) a réduit depuis la mi-avril les
rations journalières à 1 000 calories par adulte (1). C'est moins de la
moitié du minimum vital fixé par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
L'ONU est donc en train de fabriquer des milliers de mutilés à vie : entre
0 et 5 ans, sans alimentation adéquate, les neurones de l'enfant ne se
développent pas et c'est irrécupérable. Le PAM n'est pas en cause. Ce
sont les États donateurs qui ont réduit de plus du tiers, parfois de plus
de la moitié, leur contribution financière. Un autre exemple, dans la
Corne de l'Afrique où 15 millions de personnes sont menacées par la famine,
les Nations unies ont besoin de 98 millions de dollars pour les mois de
juin, juillet et août. Elles en ont obtenu 32 millions. Pourquoi ? Parce
que les États donateurs donnent désormais la priorité absolue aux investissements
dits " de sécurité ". Autrement dit, la " guerre contre le terrorisme
" est maintenant payée par la mort des enfants du Soudan, de la Somalie
et de l'est de l'Éthiopie. L'année dernière, les sommes dépensées pour
l'achat d'armes - sans compter les budgets militaires - ont dépassé les
1 000 milliards de dollars dans le monde.
HD. Est-ce cela que vous appelez " l'empire de la honte ", titre de
votre dernier ouvrage?
J. Z. L'empire de la honte, c'est l'empire des sociétés multinationales
privées et plus généralement de l'ordre économique actuel du monde. Depuis
qu'ils sont sur terre, les hommes souffrent de la faim. Or, aujourd'hui,
pour la première fois dans l'histoire grâce à une formidable succession
de révolutions technologiques, industrielles et électroniques, la faim
n'est plus une fatalité. Entre 1992 et 2002, le produit mondial brut a
doublé et le commerce mondial a triplé. D'incroyables richesses ont été
créées, faisant passer les hommes du royaume de la nécessité à celui de
l'abondance. La tragédie, c'est qu'au même moment a lieu une captation
de ces richesses, une " reféodalisation " du monde par les oligarchies
du capital financier international. Ainsi, en 2005 : les 500 plus puissantes
sociétés multinationales privées ont contrôlé 52 % du produit mondial
brut, c'est-à-dire plus de la moitié de tous les capitaux, marchandises,
services, brevets, etc. produits en une année sur la planète. Ces sociétés
ont un pouvoir qu'aucun pape, ni aucun empereur n'ont jamais eu dans l'histoire.
Or ces sociétés fonctionnent exclusivement selon la stratégie de la maximalisation
du profit.
HD. Comment s'est faite cette " reféodalisation " du monde ?
J. Z. Avec la chute de l'URSS en 1991, le capitalisme a conquis le
monde et instauré la loi universelle et exclusive du marché. D'abord,
en libéralisant le plus possible les mouvements de capitaux et de marchandises.
Ensuite, en privatisant : soumettre à la loi du profit tous les secteurs
de la vie humaine. Tout a désormais un prix : le génome des plantes, des
animaux, l'eau, etc. Ces " cosmocrates " légitiment leur projet avec une
théorie selon laquelle la pratique économique échappe à la volonté de
l'homme et obéit à des lois naturelles. Prenez l'exemple des délocalisations
et des fermetures d'usines en bon état de marche, on nous dit : " C'est
douloureux, mais c'est la loi du marché, la loi naturelle. " Faux ! Ces
fermetures sont le résultat d'une stratégie mise en œuvre pour maximiser
le profit.
HD. Et quelles en sont les conséquences?
J. Z. Libéralisation et privatisation sans entrave provoquent la naissance
d'un ordre absurde : en 2005, 100 000 personnes par jour sont mortes de
faim ou de ses suites immédiates. Un enfant de moins de 10 ans est mort
toutes les 5 secondes. 856 millions de personnes ont été gravement et
en permanence sous-alimentées. Or l'agriculture mondiale, dans l'état
actuel de ses forces de production, pourrait nourrir sans problème 12
milliards d'êtres humains. Et nous sommes 6,2 milliards ! Je le répète,
il n'y a pas de fatalité : un enfant qui meurt de faim est assassiné.
L'ordre du monde n'est pas seulement meurtrier, il est aussi absurde :
il tue, mais il tue sans nécessité.
HD. Vous dites qu'il n'y a pas de fatalité. Mais on nous présente des
pays victimes de catastrophes naturelles. Qu'ont-elles à voir avec le
capitalisme ?
J. Z. Ces catastrophes arrivent à des économies d'une extrême fragilité,
incapables de résister. Prenons l'exemple du Niger, le 3e pays le plus
pauvre du monde et un des plus endettés. Depuis des années, pas de pluie
mais des milliards de criquets. L'essentiel de la population est nomade
: le Niger est célèbre pour ses troupeaux (20 millions de têtes), c'est
la principale richesse. Une des institutions les plus importantes de l'État
nigérien était l'Office national vétérinaire chargé de distribuer vaccins
et autres médicaments vétérinaires pour le bétail. Il y a trois ans, le
Fonds monétaire international (FMI) a exigé sa privatisation dénonçant
une " distorsion du marché ". Résultat : des dizaines de milliers de familles
d'éleveurs ont rejoint les bidonvilles de Sokoto, Kano, Niamey... parce
que leurs troupeaux sont morts faute de médicaments à des prix abordables
pour le bétail. '
HD.. Il existe pourtant des organisations chargées d'aider ces économies
à se renforcer, les Nations unies entre autres.
J. Z. Je défendrai toujours les Nations unies car sa charte contient
les principes fondateurs de la civilisation démocratique. Mais aujourd'hui
l'organisation vit dans un état de schizophrénie avancé ! Ses 22 organisations
spécialisées (l'UNICEF, l'OMS, le PAM, etc.) font un travail remarquable.
Mais les avancées millimétriques qu'elles réalisent chaque année sont
annulées par la Banque mondiale, le FMI et l'Organisation mondiale du
commerce (OMC). Ce sont des organisations mercenaires qui appliquent des
stratégies néolibérales : en maintenant la dette, en augmentant les intérêts,
en imposant les privatisations, en affaiblissant l'État national.
HD. Comment faudrait-il réformer l'ONU pour lui redonner de l'autorité
?
J. Z. Une première mesure serait de supprimer le droit de veto des
membres permanents du Conseil de sécurité. A cause de cette règle de l'unanimité,
des situations terribles perdurent. Au Darfour, un effroyable génocide
est en cours depuis trois ans et demi. Le Conseil de sécurité n'arrive
pas à adopter une résolution pour l'envoi de casques bleus, car la Chine
est le principal investisseur dans le pétrole soudanais et oppose son
veto. Même chose pour la Palestine : c'est un peuple martyr, une blessure
ouverte. Les Palestiniens vivent une négation permanente des droits de
l'homme et du droit international public. Mais les gouvernements successifs
d'Israël sont couverts par les États-Unis.
HD..Vous dites du 11 septembre 2001 qu'il a accéléré ce processus de
reféodalisation.
J. Z. Le 11 septembre 2001 est un crime total. Mais ce crime a été
utilisé par ceux qui ont fait élire Bush, à savoir les sociétés pétrolières
du Texas, pour exiger que l'appareil militaro-politique américain serve
leurs intérêts. Ainsi, le hold-up contre l'Irak et son pétrole en mars
2003. Toute tentative de résistance à cette stratégie de satellisation
est intitulée terrorisme et anéantie. Dans cette " guerre contre le
terrorisme " que le capital mène, il y a 3 aspects : la conquête des
marchés par les sociétés multinationales, les énormes profits générés
par le surarmement (le budget militaire américain a augmenté de 42 % entre
2001 et 2003) et la réduction massive des libertés à l'intérieur même
des États-Unis.
HD. Pensez-vous que les Etats-Unis soient le
principal danger qui guette le monde ?
J. Z. Le régime de Bush - et évidemment pas le peuple américain -
est certainement un danger pour l'humanité entière. Parce qu'il refuse
nombre de principes fondamentaux du droit international. Ainsi, il réinstaure
la torture et les assassinats extrajudiciaires. Il oppose ses " valeurs
" à la théorie des droits de l'homme. Or, si les " valeurs " singulières
de tout peuple sont toutes respectables, ce sont les droits de l'homme
qui font la communauté humaine. Cette rupture entre " valeurs " et droit
me paraît être une chose très profonde. C'est une rupture de civilisation.
HD. L'Europe ne pourrait-elle pas être un contrepoids ?
J. Z. À l'heure actuelle, elle est entièrement entre les mains du
capital financier international. Javier Solana, chargé des relations extérieures
de l'Union européenne, est totalement soumis à la rationalité américaine,
c'est un mercenaire. Après, on s'étonne que l'Europe s'aligne sur la guerre
en Irak. Elle est incapable de tenir tête aux Américains. L'Europe institutionnelle
est un eunuque. HD. D'où peut venir le changement ? J. Z. De l'insurrection
des consciences. Karl Marx a dit : " Le révolutionnaire doit être capable
d'entendre pousser l'herbe. " Aujourd'hui, l'herbe pousse. D'une façon
totalement inattendue. L'État national est très affaibli. La défense du
bien commun s'est réfugiée dans la société civile. Le dernier Forum social
mondial de Porto Alegre a réuni 160 000 personnes représentant plus de
8 000 mouvements sociaux. Autant de fronts de résistance qui n'obéissent
qu'à l'impératif moral que chacun de nous porte en lui. Les " non " à
la constitution européenne sont extraordinaires. Cette société civile
est pour moi devenue l'espérance première. Ce processus révolutionnaire
à venir relève de " la liberté libérée dans l'homme ". Antonio Machado
disait : " Caminante, no hay camino, el camino se hace al andar " (Homme
qui marche, il n'y a pas de chemin, le chemin se fait en marchant). -".
(1) Disponibilités énergétiques alimentaires (DEA) moyennes en France
: 3550 calories.
ENTRETIEN RÉALISÉ PAR CHARLOTTE BOZONNET -Humanité Dimanche du 8 juin
2006-
Jean Ziegler : Universitaire, écrivain et homme politique suisse,
Jean Ziegler est depuis 2000 rapporteur spécial de l'ONU sur le droit
à l'alimentation.
Bibliographie : " La Suisse lave plus blanc " (1990), " La Suisse, l'or
et les morts " (1997), " la Faim dans le monde expliquée à mon fils "
(2000), " les Nouveaux Maîtres du monde et ceux qui leur résistent " (2002).
Son dernier livre, " l'Empire de la honte " (Fayard 2005), décrypte la
mise en coupe réglée du monde par les sociétés multinationales privées.
. REUNION de l'OMC à Hongkong en Décembre.2005....
- CAMPAGNE « OMC : 10 ANS, ÇA SUFFIT ! » : REVENDICATIONS DES ASSOCIATIONS
MOBILISÉES
La prochaine conférence ministérielle de l'Organisation
mondiale du commerce (OMC) a pour objectif d'accélérer les processus de
libéralisation des marchés dans de nombreux secteurs, de poursuivre la
transformation de toutes les activités humaines en marchandise.
Pour lutter contre cette logique néolibérale, Attac et différentes associations
ont décidé de se mobiliser et présentent leurs revendications. OMC : 10
ans ça suffit !
Afin que la 6ème conférence ministérielle de l'organisation
mondiale du commerce (13-18 décembre) ne débouche pas sur un accord qui
consacrerait la primauté du droit du commerce sur les droits économiques,
sociaux et environnementaux, 24 organisations françaises se mobilisent
autour de « OMC, 10 ans ça suffit ! ». La campagne débutera le 12 novembre
prochain.
La 6ème conférence ministérielle de l'Organisation Mondiale du Commerce
(OMC) se déroulera à Hong-kong du 13 au 18 décembre prochains. Son objectif
essentiel : accélérer les processus de libéralisation des marchés dans
de nombreux secteurs. Sont ainsi notamment concernés les services dans
le cadre de l'Accord Général sur le Commerce des Services (AGCS), l'Agriculture
et l'Accès aux Marchés Non Agricoles (NAMA).
Ces choix politiques menacent directement les agricultures
paysannes, les services publics et les droits des salariés. La généralisation
du libre-échange profite avant tout aux firmes transnationales et grève
toute entreprise de régulation du commerce international.
Face à cette menace, 24 organisations syndicales, de la société civile
et de solidarité internationale allient leurs forces dans une campagne
commune intitulée « OMC : 10 ans, ça suffit ! ».
Dans un appel commun, nous demandons :
- Un moratoire sur les négociations dans l'attente d'une évaluation objective
et transparente des impacts économiques, sociaux et environnementaux de
la libéralisation commerciale,
- Une renégociation du mandat de la Commission européenne à l'OMC ;
- Le respect systématique du principe de précaution en matière d' environnement,
de santé publique et d'alimentation ;
- Le retrait des négociations de l'AGCS de l'eau, la santé, l'éducation,
la culture et le logement qui constituent autant de droits fondamentaux
- Le retrait des négociations NAMA des produits issus des ressources naturelles,
en particulier des produits du bois et de la pêche ;
- Le droit pour les pays à définir le périmètre de leurs services publics
et de les soustraire aux règles de la concurrence ;
- L'interdiction des brevets sur le vivant : plantes, animaux, micro-organismes
et gènes ;
- L'accès effectif de l'ensemble de l'humanité aux médicaments contre
entre autres le sida, la malaria et la tuberculose ;
- Le droit des pays et des grandes régions à assurer leur souveraineté
alimentaire, à protéger leur agriculture paysanne et garantir le droit
à l' alimentation de leurs populations ;
- La mise en ouvre de mécanismes de soutien et de régulation des marchés
agricoles mondiaux.
Dans le cadre de cette campagne, nous
- interpellerons la Commission Européenne et le gouvernement français
- soutenons l'organisation de « 100 débats sur l'OMC » dans toute la France
du 12 au 30 novembre et appelons à une mobilisation générale à l'approche
de la conférence de l'OMC.
AGIR ICI, Agronomes et Vétérinaires sans frontières
(AVSF), Association France Amérique Latine, Association pour la Taxation
des Transactions pour l 'Aide aux Citoyens (ATTAC), Les Amis de la Terre,
Comité pour l'annulation de la dette du tiers-monde (CADTM) Confédération
Paysanne, Coordination pour le contrôle citoyen de l'OMC (CCCOMC), Comité
Français pour la Solidarité Internationale (CFSI),Centre de Recherche
et d'Information sur le développement (CRID) , Fédération Artisans du
monde, Fédération Syndicale Unitaire (FSU), Greenpeace, Guayapi Tropical,
Initiatives pour un autre monde (IPAM), Ligue des droits de l'Homme (LDH),
Max Havelaar France, Peuples Solidaires, Plate-forme pour le commerce
équitable (PFCE), Réseau des centres de documentation pour le développement
et la solidarité internationale (RITIMO), Solidarité, Union Nationale
des étudiants de France (UNEF), Union syndicale Solidaires, Vamos !
Appel commun et agenda des actions sur www.omc10anscasuffit.org
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